Vendredi 14 décembre 2007

dons.gif Je viens de lire un article chez Homo Sapiens qui m'a amenée à réfléchir sur la lassitude que je ressens moi aussi quand on me demande un don supplémentaire pour telle ou telle action humanitaire.

Je fais quelques chèques pour des causes qui me touchent, je donne quelques pièces a des humains que je croise, je dépose un peu de nourriture pour des animaux libres, j'offre mon sang et j'ai sur moi une carte de donneur d'organes, je m'efforce de sourire quand je ne peux pas donner, mais je suis désolée de constater que la situation s'agrave quand même.

Mes proches donnent aussi un peu de leur temps ou de leur argent et, malgré ça, le désert avance, les mains vides se tendent, toujours plus nombreuses.

Je voudrais croire que chaque goutte compte, que chaque geste, que chaque sourire que l'on offre nous tire tous vers le haut, mais j'ai plutôt la sensation d'un trou noir que nous essayons de combler.

Les fêtes approchent à grands pas et je n'arrive pas à m'en réjouir car pour ceux qui ne mangeront pas à leur faim, pour ceux qui auront froid, pour ceux qui seront seuls, pour ceux qui souffrent, la différence et les manques seront encore plus flagrants. 

Je sais ce que nous, les petites gens, faisons pour changer ça mais je me demande sans arrêt ce que ceux qui nous gouvernent font ? A quoi servent ces gens ? Je les vois s'exhiber, parler, négocier, sautiller de droite et de gauche, grenouiller sans autre but apparent que leur bénéfice personnel.

Je ne supporte plus de les entendre, d'une même voix scandalisée, conspuer les dictateurs puis commercer avec eux.

Nous, les humbles, nous faisons notre part alors faites donc le travail pour lequel vous êtes grassement rémunérés et aidez-nous à améliorer les vies de tous. Ne venez pas nous parler d'efforts supplémentaires à consentir, nous faisons déjà de notre mieux, pouvez-vous vraiment en dire autant ?

Je suis parfois fatiguée de donner, c'est vrai, parce que devant l'immensité de la détresse, devant l'impossibilité où je suis, à mon échelle, d'agir pour de bon, devant l'inertie de ceux qui non seulement ne font rien, mais prennent tout de même la plus grosse part, je m'épuise.

Je m'épuise aussi, parce que ne pouvant donner à tous, je choisi "mes pauvres" et que j'entends "tu donnes pour les animaux alors qu'il y a tant d'humains qui souffrent", "tu donnes pour les enfants du tiers monde alors qu'il y a des pauvres chez nous", "tu donnes pour le Téléthon alors que tu es contre l'expérimentation animale", "tu donnes une pièce à ce type, mais il va la boire".

Non seulement je ne donne pas assez, mais en plus, je ne donne pas comme il faut ?

Je vais quand même continuer de la même manière, parce que je ne vois pas comment faire mieux, et je vais quand même culpabiliser un peu chaque fois que je refuserai à l'un ce que j'accorde à l'autre mais, vous savez quoi ? "un con qui marche vaut mieux que dix intellectuels assis".

Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Publié dans : Aboiement - Communauté : Merdalor
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