Il existe 7 différences entre les 2 personnages.
Sauras-tu les retrouver ?
"La caractéristique principale d'un ami est sa capacité à vous décevoir" (Pierre Desproges).
C'est affreusement vrai. Je connais une jeune femme intelligente et cultivée (nous l'appellerons "la Lectrice" en raison de sa passion pour les livres) qui m'a fait la réflexion la
plus imbécile qui soit.
La Lectrice est sujette à diverses allergies dont, si on l'en croie, une allergie aux chats. Etrange allergie en vérité, qui lui permet malgré tout de venir chez moi passer plusieurs
heures sans traitement et sans éternuements.
Est-il besoin de le rappeler : mon appartement est squatté par 3 greffiers qui sèment leurs poils, tartinent leur salive, marquent chaque chose à leur odeur, mon appartement est un
terrain miné pour un(e) allergique et pourtant, la Lectrice n'a jamais souffert.
La Lectrice dit aimer les chats et regretter de ne pas pouvoir en adopter. Bien sur, elle n'est pas idiote, elle se rend bien compte que ses contacts avec nos amis poilus ne lui causent aucune
peine. Un jour donc, elle a fait la démarche, elle s'est rendue dans un refuge.
Ami lecteur, tu es malin, tu te dis qu'une jeune femme intelligente et cultivée comme elle avait dû réaliser qu'il lui suffisait de passer une heure ou deux en compagnie des velus de son choix
pour vérifier si elle pouvait envisager une colocation sans yeux qui pleurent ni nez qui coule.
Point du tout, car si tel avait été le cas, elle ne m'aurait pas déçue et la citation placée au début de mon article n'aurait eu d'autre intérêt que de prouver mes
connaissances en Pierre Desproges.
Non, cette gourde a proposé à la bénévole de prendre un chat à l'essai pendant 24 heures pour voir si elle le supportait.
La bénévole a refusé tout net, rappelant (sans doute pour la 11965ème fois) que les chats sont des êtres sensibles et qu'il n'est pas question de les sortir du refuge pour les y ramener dans
deux jours sous prétexte que leur période d'essai n'est pas concluante. Elle a sans doute ajouté que certains de ces animaux avaient déjà été abandonnés une première fois, que certains d'entre
eux en étaient traumatisés au point de ne plus s'alimenter, au point de se mutiler, que l'expérience proposée représenterait immanquablement un second insupportable abandon.
Juste à ce moment là, la Lectrice aurait pu se racheter, réaliser son erreur et s'en excuser platement, voire même, en ressentir quelque honte. Que nenni, non seulement elle ne reconnait pas
ses torts, mais elle nous le dit clairement : "ils se plaignent qu'ils n'arrivent pas à les placer, mais quand on leur propose une solution raisonnable, responsable même, ils refusent, pas
étonnant qu'ils soient surpeuplés".
Voilà, c'est juste là, à ce moment précis je crois, que ma déception à atteint son point culminant.
J'aurais pu lui dire que son attitude n'est pas responsable du tout, qu'elle est même parfaitement égoïste ; lui dire que les chats sont comme nous, qu'ils ont besoin de repères et de
stabilité ; lui expliquer que les refuges ne souhaitent pas placer les animaux le plus vite possible mais le mieux possible ; j'aurais pu lui dire ce que mes chats m'ont appris,
depuis toutes ces années que nous vivons ensemble, j'aurais pu, mais elle ne m'a rien demandé.