Je ne pourrai
pas souhaiter bonne fête à mon petit Père, voilà bientôt 8 ans que la moitié de mes racines a été arrachée.
Je critique toujours ceux qui ont tendance à ne trouver que des qualités aux défunts, je trouve ça ridicule, mais n'empêche, mon père, c'était le meilleur.
Déjà comme époux, il était bien, d'après le seul témoignage fiable dont je dispose. Voilà un homme qui est resté amoureux de son épouse pendant plus de 30 ans, qui participait à
toutes les taches ménagères dès les années 60 et qui se montrait tendre sans se cacher dans une génération de machos.
J'étais l'ainée, il souhaitait une fille, et, Tadam ! Je suis une fille, j'étais SA fille comme il l'a répété toute sa vie.
Quand il disait "Ma fille", il ne voulait pas dire : ma chose, ma propriété, mon bien, il voulait dire : mon trésor, ma fierté, mes inquiétudes. Etre la fille de cet homme là
signifiait être aimée sans condition, quels que soient mes choix, mon chemin, cela signifiait qu'il y avait au moins une personne sur cette planète qui considérait que c'était un
privilège que de me connaitre.
La première fois que je lui ai parlé de l'Homme, mon père a été angoissé. Il m'a raconté, longtemps après, qu'il craignait que j'ai pu choisir un type insupportable et qu'il s'était
préparé, la mort dans l'âme, à le supporter quand même.
Il me manque, c'est banal.
Il me manque dans les moments difficiles, il me manque aussi dans les moments de joie. Cet homme là était un bel exemplaire d'être humain, à la fois doux et solide,
tolérant, l'esprit ouvert, un homme bon.
Et puis, comme je préfère terminer sur une note gaie car me lamenter ne lui ferait pas honneur, je peux bien vous l'avouer, en plus de tout le
bien que je pense de lui, je trouve que sur cette photo de sa jeunesse, il est drolement beau gosse.
12
-
Publié dans : Tranche de vie