Samedi 6 septembre 2008

C'est l'histoire d'une fraterie, une fille et trois  garçons. Chacun avait suivi un chemin différent, l'un des garçons, un peu tête brulée, avait quitté le nid à 17 ans pour s'engager dans l'armée et avec les années, il s'était éloigné de ses frères et soeur et de ses parents.

Tête Brulée avait fondé sa propre famille, il avait été assez présent quand son père était tombé malade puis était mort, mais depuis, on ne le voyait plus guère aux réunions de famille, il repoussait, annulait, s'excusait, se tenait vaguement au courant de temps en temps. Il avait des tas d'activités qui lui rapportait beaucoup d'argent et qu'il n'était pas envisageable de repousser ou annuler.

Sa mère avait dû faire opérer son coeur, puis sa colonne vertébrale, à chaque fois, Tête Brulée demandait à ses frères et soeur des nouvelles, mais il ne prenait pas la peine de franchir les 40 km le séparant de la pauvre femme qui attendait pourtant avec espoir une visite de son fils.
Tête Brulée ne prenait même pas la peine d'amener sa fille en visite et nul ne la voyait grandir, pas même sa grand-mère. La mère était triste, au début, elle achetait quand même des cadeaux pour sa petite fille, mais n'avait que rarement l'occasion de les lui offrir. Quand elle téléphonait, on lui disait que la petite était ailleurs ou déjà couchée, elle n'avait donc même pas l'occasion de lui parler.
Peu à peu, parce que ce silence lui faisait trop mal, la mère s'était efforcée de ne plus trop penser à ce fils qui semblait avoir cessé de l'aimer.

Un jour, leurs grands-parents paternels moururent laissant un petit héritage aux membres de la fraterie puisque leur propre père, qui aurait dû être le seul héritier, était lui-même décédé.

Deux des frères et la soeur, lors de leurs conversations, avaient décidé de restituer l'argent à leur mère, considérant que si leur père avait pu hériter, il aurait gâté son épouse avec cette somme. En clair, ils avaient décidé de faire ce qui leur semblait juste et pas ce qui était purement légal. Leur mère, généreuse et aimante, refusa l'argent.

Jamais à court d'idées, ils décidèrent de lui faire un beau cadeau en lui offrant une voiture neuve, donc confortable et plus facile à conduire que sa vieille bagnole devenue impossible à manoeuvrer.

L'un des deux garçons contacta Tête Brulée pour lui proposer de se joindre à eux, pensant que, peut-être, il pourrait compenser ses années d'absence, de silence, de négligence en cédant une toute petite part d'un argent facilement gagné qui ne lui aurait jamais appartenu si son père avait été en vie.

Tête Brulée : "Quoi ? Combien ? 3000 euros ? Pourquoi une voiture ? Je croyais qu'elle ne conduisait plus ?"
Le Frère : "Oui, 3000 si nous partageons les frais, et si elle ne conduit plus c'est parce qu'elle souffre dans sa vieille guimbarde aux sièges défoncés et sans direction assistée".
Tête Brulée : "Mais, elle a vraiment besoin d'une voiture ? Elle ne peut pas se l'acheter ? Ses finances sont-elles aussi basses ?"
Le Frère : "Tu sais Tête Brulée, je ne te demande pas si tu partages notre opinion, je veux juste savoir si nous faisons 3 ou 4 parts. Nous ferons ce cadeau, que tu y participes ou non".
Tête Brulée : "En fait Frère, tu me poses problème là, tu sais, ces derniers temps, mes relations avec maman sont très distantes, elle ne m'appelle plus, elle n'a même pas envoyé de carte pour l'anniversaire de ma fille, alors ..."


Alors, Tête Brulée, je peux te le dire, malgré nos gènes communs, quand je t'écoutes je constate qu'il y beaucoup plus de choses qui nous séparent que de choses qui nous rapprochent.

Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Publié dans : Aboiement - Communauté : Merdalor
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