Vendredi 2 janvier 2009 5 02 01 2009 09:00

Maisons-Alfort...

J'habite ici, enfin pas l'un de ces immeubles là, mais un similaire placé en face, de l'autre côté du parc (sinon comment aurais-je pu prendre ce cliché à ton avis ?).

Oui, c'est une ville, une ville de plus de 50000 habitants, pas un village, pas un bourg, pas un petit patelin plein de charme, une vraie ville de banlieue.

Je sais, quand on parle de banlieue, l'image est assez négative, on pense tout de suite à ce no man's land effrayant  dont les journaleux nous rebattent les oreilles, cette zone de non-droit coincée entre Paris et la province servant de terreau fertile à des générations de gamins analphabêtes devenant des tueurs ou des dealers avant d'avoir 12 ans.

C'est oublier un peu vite que Neuilly aussi c'est la banlieue, La Défense aussi, Versailles itou.
Peu importe, mon propos n'est pas de défendre ma banlieue.
Mon agacement vient d'une réflexion que j'entend faire régulièrement par des individus qui ont choisi de s'expatrier au-delà de l'Ile de France mais qui viennent tout de même travailler dans le coin.

Cette réflexion particulièrement irritante c'est : "Je ne sais pas comment tu fais pour vivre ici, moi je ne le supporterais jamais, ce béton, cette pollution, cette foule..." 
Mais c'est fou ça ! Est-ce qu'ils se permettraient de dire : "Je ne sais pas comment tu peux avoir une voiture aussi inconfortable ? Comment tu oses porter des vêtements aussi moches ? Comment tu as pu choisir une coupe de cheveux aussi inesthétique ?"  non, bien sur que non.
Par contre, prendre un ton condescendant pour critiquer ma maison, ça, ça ne les dérange pas du tout, ils partent du principe que c'est forcément l'enfer, que je ne peux pas y être bien et que je rêve de leur pavillon au fond de la région.

Que ce soit clair une fois pour toute : si j'envisage avec plaisir d'aller vivre un jour dans une province moins surpeuplée, je n'imagine pas une seule seconde aller m'enterrer en "grande banlieue".
Je n'envie absolument pas les 2 à 3 heures quotidiennes de transport dans des RER pourris, je ne souhaite pas prendre ma voiture pour me rendre chez le coiffeur ou le boulanger, faire 20 kilomètres de départementales pour aller me ravitailler dans un centre commercial géant ne me tente pas, avoir un jardin de 10 m² de gazon bien vert et bien taillé ne m'émeut pas et je ne crois pas qu'un village dortoir pour travailleurs parisiens ait plus d'âme que ma ville et son histoire.

Ce n'est sans doute pas le paradis chez moi, mais c'est très loin d'être l'enfer et si tous ceux qui critiquent sans même savoir se donnaient la peine d'ouvrir les yeux, ils remarqueraient peut-être que je ne me plains pas.

 
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Publié dans : Aboiement - Communauté : Merdalor
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