Vendredi 23 octobre 2009
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Même en tenant compte du fait que nous avons tous une part d'ombre, crois-tu que l'on puisse à la fois être une dangereuse extrémiste et une mémère à chats affublée d'une ridicule
sensiblerie ?
Peu probable n'est-ce pas ? A moins de souffrir d'un vrai dédoublement de personnalité...
Vois-tu, j'ai le sentiment d'être une femme raisonnable, j'essaie de trouver ma place en ce monde sans trop nuire aux vivants qui m'entourent, qu'ils soient humains, animaux, végétaux...
Je crois pouvoir affirmer n'avoir jamais versé le premier sang même si j'ai souvent été sans pitié dans mes réponses à ceux qui m'attaquaient. En gros, si on ne pousse pas dans les orties, je
suis la plus pacifique des femmes.
En plus de mon côté "raisonnable", j'ai aussi comme tout humain moralement normal une franche répulsion pour la souffrance inutile, la violence gratuite (ou pas), la négligence, la lâcheté,
l'irresponsabilité.
Je me sens solidaire de tout ce qui souffre, quelle que soit son espèce. J'ai mal quand je croise un humain en haillons couché sur la bouche d'aération d'une ligne de métro parceque c'est le seul
endroit chaud de la rue, je me révolte quand j'apprend que les propriétaires d'un chien l'ont laissé sur place, attaché, dans la maison qu'ils quittaient, jusqu'à ce qu'il crève de faim,
j'engueule vertement les gamins qui cassent des branches d'arbre et écrasent des fleurs pour le plaisir d'abîmer.
En fait, tout comme il ne me viendrais pas à l'idée de me considérer comme un être supérieur juste parce que née blanche dans un pays riche au sein d'une famille qui pouvait me permettre d'étudier, je ne me place pas au centre de l'univers simplement parce que je suis née humaine.
Me sentirais-je humiliée d'être une amibe ? une tarentule ? une fougère ? un lama ? Aurais-je le sentiment d'appartenir à une race inférieure ?
Quelque chose m'échappe vraiment dans l'idée qu'il ne faille s'intéresser qu'à l'homme, comme si on pouvait régler toute la misère de l'humanité sans prendre toutes les autres misères en
considération.
Comme si l'homme n'était pas un élément du tout, un rouage, comme si le paysan africain qui perd sa seule vache pouvait lui survivre, comme si on pouvait affirmer sans crainte que l'enfant qui
torture un chat n'attaquera jamais un humain, comme si les arbres fruitiers pouvaient se polliniser sans les abeilles et donc continuer de nous nourrir, comme si, quand on abat des forêts
entières, on pouvait continuer à respirer...
Mon "défaut" est là, traitre à mon espèce, j'ai le tord de croire que ma vie n'a pas plus d'importance que n'importe quelle autre vie (si ce n'est aux yeux de ceux qui m'aiment.) Je ne crois pas
que l'humain prime sur tout le reste et je n'attribue une valeur supérieure qu'en fonction de l'amour que je porte à certains êtres même quand ils n'appartiennent pas à mon espèce.
J'affirme haut et fort que, si j'ai le pouvoir de sauver une vie et que je doive choisir entre un humain inconnu ou mon chat, c'est le ronronneur qui sauvera sa moustache.
Bien sur, je consacre le plus gros de mon énergie à la misère animale, je pourrais te dire c'est parce que l'innocence des bêtes me touche, parce qu'elles ne peuvent faire entendre leur
voix, parce que je porte la culpabilité d'appartenir à cette espèce tellement destructrice, ...
Ou, plus simplement, je me consacre aux animaux parce que c'est ce qui me rend heureuse, parce que, si je suis souvent assez peu douée avec mes semblables, trop brusque, pas assez patiente, pas
toujours tolérante, quelquefois agressive, j'ai par contre cette capacité à entrer en contact avec d'autres espèces, ce respect envers leurs différences, cette absence d'exigence qui les met en
confiance.
As-tu remarqué comme certains sont doués avec les enfants ? Avec les vieillards ? Avec les plantes ? Avec les animaux ? Alors, pourquoi ne pas laisser tous ces talents s'exprimer ? Pourquoi
ne pas profiter de tous ?
Il y aurait d'un côté les nobles causes et de l'autre les combats ridicules d'une poignée d'histériques qui préfèreraient les bêtes aux hommes ?
Et si, au fond, il n'était question que de respect de la vie, sous toutes ses formes ?
Je crois, très sincèrement, que tout ce qui est venu au monde mérite d'y rester et d'y vivre avec ses spécificités, ses particularités, que nul être vivant ne doit être exploité ou mis en
esclavage. Et qu'on ne vienne pas m'expliquer que c'est dans notre nature, sans tenir aucun compte du fait que nous avons aussi une conscience qui, loin de nous donner tous les droits, nous donne
surtout des devoirs.
Et bien, c'est ce raisonnement qui fait de moi une dangereuse extrémiste et/ou une mémère à chats
affublée d'une ridicule sensiblerie...
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Publié dans : Aboiement
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Je me sens moins seule d'un coup...
Merci pour ce billet
Et pourtant il me touche cet article, je dois m'y retrouver quelque part. Je vais réfléchir afin de rebondir sur ton article.
Gros bisous
Claudia
J'ai lu une réflexion de ce genre il y a peu, elle ne m'était pas adressée personnellement cette fois-ci, mais j'avais envie d'en parler.
D'un bien absolu, la vie, l'homme en a fait un bien relatif : les noirs et les femmes avaient des vies moins importantes que d'autres il y a quelques années (il y a encore 20 ans en Afrique du Sud) et on a vu ce que ça donnait !
Bienvenue au club!
Gros bisous
Chat'micalement
Mamounette
HAN je veux bien être exposée à la foire avec vous les filles (oups je crois avoir lu UN homme dans les commentaires ; fichtre !).
C'est ce que je me TUE à dire à ceux qui gloussent en me voyant faire du bouche à bouche à une guêpe, écarter du chemin un escargot pour qu'il ne soit pas écrasé, faire les gros yeux aux cacochymes qui vandalisent la flore, etc... (la liste est longue).
Bref,
Ké sensiblerie ?
C'EST JUSTE DU RESPECT, celui de la vie ; aucun être n'est sur terre par hasard, aucune pierre n'est posée là par hasard.
Comme tu l'exposes SI BIEN, crocro, tout a une interférence, une interaction.
Touchée par ton billet. Merci pour cette libre et sage parole.
Mouais on se sent moins seule, hein pupuce. C'est une des magie du net de regrouper nos libertés de penser dans ce sens.
Rose
PS : Il y a 2 hommes dans les com' : Seb et Taomugaïa
Mais cet amour humain, ne saurait reléguer au second plan celui que je peux éprouver pour la nature et ses représentants. Celui qui n'a jamais ressenti l'affection d'un matou, d'un toutou, de de toute autre bêbête, n'est qu'un homme qui ne sait pas tout de l'amour.
Toutes les rencontres valent la peine d'être faites.