Humeur, humour ... parfois noir.
Je viens de voir un reportage sur les ravages du paludisme en Afrique et plus particulièrement dans les rangs des enfants africains.
J'ai déjà beaucoup de mal à imaginer que nous laissions mourir des humains pour d'obscures raisons financières. Une opération menée par l'Unicef depuis quelques années m'apprend que pour 20
euros, on peut vacciner un enfant contre 6 maladies mortelles : diphtérie, rougeole, coqueluche, poliomyélite, tuberculose et tétanos.
En fait, ce n'est pas de la dure loi de l'économie dont j'avais envie de parler, mais de ces femmes qui tentent comme elles peuvent de sauver leurs gamins.
Le reportage nous présentait des mères qui avaient parfois dû marcher plusieurs jours pour venir faire soigner un enfant.
Je ne suis pas née au pays de Candy, je sais que la mortalité infantile est élevée dans bon nombre de zones du globe, mais là, on nous dit que chaque femme perd en moyenne un enfant sur deux.
Je regarde le visage d'une maman, elle est penchée sur son bébé dont les heures sont comptées et j'avoue, j'essuie une larme.
Je me doute bien que dans l'univers de cette femme, de ses soeurs, cousines, amies, la perte d'un enfant n'est malheureusement pas un fait exceptionnel, je suppose que des drames similaires ont
jalonné chaque existence.
Mais quand même ... un enfant sur deux ! Quelle que soit la dureté de sa vie, les difficultés qu'elle rencrontre, je ne peux pas croire qu'elle s'y soit habituée.
Quand j'en ai parlé, il m'a été répondu : "tu sais, elles savent bien qu'elles perdront des enfants, c'est si courant, c'est dramatique, mais ça fait partie de leur vie".
Cela voudrait dire qu'elles acceptent cette situation avec fatalisme ? Qu'elles en ont l'habitude ?
Dois-je penser que ma propre culture, ma propre éducation qui m'interdit d'admettre avec philosophie la mort d'un enfant fausse mon jugement et le teinte d'une sensiblerie inadaptée ?
Pourtant, quand je la regarde, je vois une mère qui n'a pas accepté son sort, une maman qui a marché pendant des heures en portant son bébé parce qu'elle espérait qu'on pourrait le sauver.