Humeur, humour ... parfois noir.
La plupart du temps, vous trouvez sans doute le choix de mes
titres un peu obscur. Même les moins cinéphiles d'entre vous ont compris qu'il s'agissait de titres de films.
Je ne vous ferai pas l'affront de vous expliquer Marathon Man, je l'ai choisi à cause d'une réplique cultissime prononcée dans une scène entre Babe Levy (Dustin Hoffman) torturé à la roulette par le criminel nazi Christian Szell (Laurence Olivier) :"C'est sans danger".
Autant le dire, je vous déballe ce qui me fait le plus peur, me met le trouillomètre à zéro, me fout les jetons, me panique, me stresse, m'angoisse, me panique (comment ? j'ai dis deux fois "je panique" ? Je m'emballe là), me transforme en flaque, me donne le tonus musculaire d'une méduse, j'ai nommé : le dentiste.
Pour être franche, je préfère encore aller chez le gynécologue, et Dieu sait que les étriers me donnent pourtant envie de partir au galop. Mais le dentiste, aaargh le dentiste, ça me ... (voir ci-dessus).
Par chance et parce que la vie n'est pas toujours d'une cruelle injustice, j'ai une dentition quasi parfaite qui ne s'abîme presque pas. Résultat, je vais chez le dentiste tous les 10 ans à peu près.
Je vous entend d'ici : "et le check up annuel ?", "ce n'est pas raisonnable", "et les détartrages ?", "il faut faire une visite de contrôle de temps en temps", ce à quoi je ne prendrai même pas la peine de répondre.
Deux brossages par jour et basta.
Il y a quelques temps, j'ai pourtant eu une carie et il a bien fallut que je la fasse soigner. L'Homme, qui sait que je suis invulnérable, sauf de la mâchoire, a commencé par me dire de téléphoner pour prendre le rendez-vous. Au début, j'ai fais la sourde oreille, il a insisté, j'ai prétendu que ça ne répondait pas, il a finit par prendre le rendez-vous pour moi en expliquant à sa gentille dentiste que j'avais la phobie des roulettes, plâtres, moulages, aspirateur à bave et autres outils sexy.
Il m'a emmenée lui-même et je me demande encore s'il l'a fait par charité ou pour être sur que je ne m'enfuirai pas.
Je me suis liquéfiée dans la salle d'attente, je suis entrée dans le cabinet effondrée, me suis installée sur le fauteuil sans desserrer les dents. J'étais crispée jusqu'aux orteils qui se recroquevillaient dans mes baskets. J'ai exigé une anesthésie avec la petite pommade parfum fraise pour ne pas sentir l'aiguille qui se plante DANS LA GENCIVE. J'ai ouvert la bouche et fermé les yeux jusqu'à ce qu'elle me tapote la main pour signaler qu'elle avait terminé.
Quand je suis ressortie, on s'est serré la main, elle a cru drôle d'ajouter "Il vaut mieux que je ne vous dise pas à bientôt". Je l'ai regardée, elle n'a sans doute pas plus de 35 ans, j'ai eu envie de lui répondre "la prochaine fois que je viendrais, je pense que vous serez à la retraite". Mais je n'ai rien dit, parce qu'il se pourrait que j'ai besoin d'elle dans 10 ans, il se pourrait alors qu'elle se rappelle de moi, il se pourrait qu'elle n'aie pas trouvé ça drôle, il se pourrait qu'elle veuille se venger ...
Je ne vais pas prendre un tel risque.