Humeur, humour ... parfois noir.
Quand nous étions enfants, mes frères et moi, mes parents ou mes grands parents, lors de nos promenades dans la nature, nous apprenaient à reconnaître et consommer les plantes comestibles.
J'aimais tout, depuis les mures, véritables délices sucrés, jusqu'au poirotes, tellement acres qu'elles nous faisaient "la petite bouche", les gratte-cul qui nous fournissait le poil à gratter, le tabac de Saint Jean appelé ainsi car, d'après ma grand-mère c'est tout ce qu'il restait à fumer pendant la guerre.
Je me dois d'ajouter pour la vérité historique que j'ai essayé d'en fumer car nous avions mis la main sur un stock de vieux papier à rouler. Etait-ce l'âge du papier ? le fait que je n'avais pas pris le temps de faire sécher les feuilles ? le fait que j'ai roulé la tige et les graines avec le reste ? allez savoir, j'ai été malade comme un chien.
En tout cas, j'ai gardé de ce temps là le plaisir des bouquets de fleurs sauvages, des balades champêtres, des fruits et baies offerts par la nature.
Il y a quelques temps, une petite promenade dans le terrain vague derrière mon boulot m'a fait découvrir un trésor : des pommiers "sauvages". J'ai cueilli un des fruits, je l'ai goutté, il était sucré et juteux. Aujourd'hui, j'y ai emmené ma petite mère, comme on fait partager un endroit secret à quelqu'un qui saura l'apprécier.
Nous avons fait provision de pommes de tous formats et de toutes couleurs. Trois gamins du quartier sont même venus nous aider à les cueillir, sidérés que nous les mangions, "elles sont comestibles m'dame ? Vous allez faire une tarte avec ? Elles sont bonnes ?". Ils ont fini par les goutter eux aussi.
Je les trouve toujours meilleurs ces fruits glanés au hasard de mes errances, ils sont comme un cadeau pour celui qui sait les remarquer.