Humeur, humour ... parfois noir.
Le patron, c'est le patron. C'est lui qui tranche, qui rogne, qui décide, bref, c'est
lui qui a le dernier mot.
La plupart du temps, j'ai l'impression qu'il est à cette place simplement parce qu'il la voulait. En effet, pour être honnête, je n'en voudrais pas de sa place, j'aime bien partir à l'heure de
mon bureau et basculer mon switch mental sur "off" dès que je sors de l'immeuble. Ramener du travail dans ma tête, me faire engueuler par l'Homme parce que je bosse trop, fabriquer un infarctus
ou un ulcère, très peu pour moi.
Quelquefois, pourtant, le patron est capable de nous faire la démonstration éclatante des talents qui l'ont amené à ce poste.
Hier en fin d'après-midi / début de bon-sang-je-vais-passer-la-nuit-ici-si-ça-continue ma collègue Lolo était débordée par la rédaction d'un mémoire, il lui restait plusieurs chapitres à
traiter et, si elle voulait avoir une chance de terminer le boulot pour le lendemain, elle devait y passer la soirée.
Le boss arrive et, grand seigneur, propose à la galérienne de la délester d'un de ses chapitres à traiter. Lolo se met soudainement à le trouver terriblement sympathique et lui confie bien sur le
chapitre le plus difficile.
Lui, c'est le boss, et le boss ne recule pas devant la difficulté. Il prend le dossier, retourne à son bureau et décroche son téléphone. Comme il a laissé sa porte ouverte, nous
tendons l'oreille. Il appelle le client.
"Monsieur Duchemol ? le Boss à l'appareil, dites-moi, concernant le chapitre sur les vols et dégradations, je pense que nous pouvons faire l'impasse, il n'y a pas suffisament de matière".
Il raccroche, revient vers nous tout sourire, tend le dossier à Lolo : "Pour ton chapitre vols et dégradations, c'est réglé, bon allez, je rentre chez moi."
CQFD