Humeur, humour ... parfois noir.
Hier, l'Homme
et moi, décidons de faire un tour chez le marchand de meubles suédois accompagnés de ma Petite Mère.
Nous étions arrêtés à un feu quand mon regard est attiré par une petite boule de plumes posée juste au milieu de la rue. Le feu passe au vert, les adhérents du club des imbéciles se mettent
immédiatement à klaxonner, l'Homme démarre.
Moi : "Zut de zut, il y avait un petit oiseau posé au milieu de la rue, il ne bougeait pas, c'est pas normal".
L'Homme "Où ? Il était blessé ? Je fais demi-tour".
Il fait demi tour, nous revenons à l'endroit précis, le petiot est toujours là, immobile, en plein milieu de la rue, l'Homme s'arrête à la sauvage à cheval sur le trottoir, je
descend comme une flèche, une grosse voiture est en train de tourner, mon cœur saute trois pulsations, je murmure "oh non, gros con !". Mais la grosse roue de la grosse voiture est passée juste à
côté du minuscule qui n'a pas esquissé le moindre mouvement pour sauver sa vie.
Je m'approche, aussi doucement que possible mais je suis quand même au beau milieu de la rue, j'abaisse les mains vers le petit plumeux en chuchotant "n'aies pas peur, ne bouges
pas, laisses-moi faire", je le supplie mentalement de ne pas faire un petit bond qui lui permettrait de m'échapper mais le jetterait sous les roues des voitures.
Le petit ne bouge pas, je le ramasse délicatement, il tient tout entier dans mes deux mains jointes, il n'essaie même pas de se débattre mais il est sans doute paralysé par le
froid, qui sait depuis combien de temps il était là ?
Nous nous arrêtons un peu plus loin car nous avons repéré quelques petits cartons déposés sur le trottoir, l'Homme file en chercher un, j'y met le petiot, nous
rentrons.
Je m'enferme dans la cuisine, à l'abri de mes trois fauves, j'ouvre le carton pour y déposer une coupelle d'eau, un morceau de pain, le petiot sort en voletant, mais pas très bien,
je le ramasse et le remet dans son carton. Visiblement il s'est réchauffé, je décide de le laisser à l'isolement jusqu'au lendemain matin.
J'ai planqué le carton dans un grand placard pour que les velus ne risquent pas d'aller le chercher et, dès le matin, je suis allée sur le balcon et j'ai ouvert la boite. A
nouveau, il a voleté, mais pas suffisamment, pas très bien, alors je l'ai ramassé à nouveau, je l'ai remis dans le carton et je l'ai apporté à la clinique de la faune sauvage de
l'ENVA.
Ils l'ont tout de suite pris en charge, J'ai dit que j'avais noté "moineau" dans la rubrique espèce supposée, mais que je n'y croyais pas moi-même car son bec était trop long, le
jeune vétérinaire à jeté un œil et m'a dit en souriant : "en effet, ce n'est pas du tout un moineau, je ne peux pas vous dire ce que c'est, mais ce n'est pas un moineau".
Je vais envoyer un mail tout de suite pour avoir de ses nouvelles, et espérer, car quand un si petit oiseau progresse en 24 heures, c'est plutôt bon signe.
Ma Petite Mère dit que le petit plumeux sera peut-être "mon" miracle de Noël, j'aimerais bien, Je n'en demande pas plus. Avoir sauvé cette petite vie dont personne ne se souciait est un cadeau qui me comblerait.