Humeur, humour ... parfois noir.
Hier soir, j'ai téléphoné à Nat. Elle a une fille de 13 ans dont le
père a oublié l'existence, une famille digne de la cour des miracles et un boulot d'hôtesse d'accueil payé au SMIC.
Bref, la vie de Nat est remplie de sa fille qui la quittera bien un jour et de son banquier qui ferait mieux de la lacher un peu.
La dernière fois que Nat à diné chez nous, nous l'avons invitée à partager notre réveillon du jour de l'an. Hier, je voulais simplement le lui rappeler et, alors que nous nous lamentions mutuellement sur les fêtes de fin d'année qui nous collent le blues, elle me raconte qu'elle était seule pour Noël.
Sa fille était chez sa marraine, Nat n'avait pas un rond, les placards étaient vides, son réveillon ça a été une boite de sardines, un morceau de fromage de chèvre, un paquet de pains au lait et pas même une goutte d'alcool pour glisser dans l'oubli.
J'en suis malade, je l'ai sermonée, lui ai dit qu'elle aurait dû nous appeler. Bien sur, elle ne l'aurait pas fait et je la comprend, j'ai moi-même passé quelques réveillons seule et je sais qu'on ne demande rien dans ce cas.
Nat fait partie de ces milliers de travailleurs pauvres dont le salaire ne couvre pas les charges, ceux qui sont harcelés par les créanciers de tout poil, qui tentent de vivre dignement. Les travailleurs pauvres ne font pas de bruit, ils évitent d'attirer l'attention, ils essaient simplement de ressembler à tout le monde.
Y'a pas à dire, notre navire prend l'eau et devinez quoi ? Il n'y aura pas de place pour tout le monde dans les canots de sauvetage.