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Humeur, humour ... parfois noir.

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Bird

Jeudi matin, comme tous les matins, mon broc de café à la main, je m'apprête à ouvrir la porte du balcon pour laisser Cool, mon chat en profiter un peu.

D'ordinaire, il est le seul qui trépigne en attendant que je daigne ouvrir, Mahé et Mischa, les deux femelles, ne sortant qu'après avoir vérifié qu'il ne faisait pas un temps de chien.

 

Ce matin là, même Mischa était devant la porte vitrée, plongée dans la contemplation du balcon, mais, tout possesseur de chat le sait, ils ont la capacité de fixer des choses invisibles pendant des plombes. Cool dansait d'une patte sur l'autre, comme d'habitude. J'avais à peine entrebaîllé la porte que mon voyou noir et blanc piétine sa frangine pour se précipiter dehors, file à plat ventre sous le coffre à outils et en ressort avec ... un petit oiseau.

 

Je hurle "LACHES-LE !", il le lâche, je tend le bras droit vers la meute de velus dans l'espoir que ma seule autorité naturelle va maintenir à distance leurs six yeux exorbités par le petiot qui panique au sol sans pouvoir ni s'envoler ni se redresser. Je ramasse tant bien que mal l'oiseau en rabattant ses très longues ailes le long de son tout petit corps.

 

Je sors sur le balcon en refermant la porte derrière moi, j'écarte lentement les doigts, enfin, pas tous les doigts, une des pattes du petiot est fermement ancrée dans la chair de l'annulaire. Ca commence à faire mal, je lui parle tout doucement en espérant qu'il va se calmer et me lâcher, je ne veux pas le blesser d'avantage, je sais qu'il était sans doute déjà mal en point avant l'intervention de Cool, sinon, que faisait-il sous le coffre à outils ? De plus, le chat l'a attrapé par la queue et apparemment il a aussi une blessure sous l'aile gauche.

Je réussis enfin à le détacher de mon doigt, je ramasse un des bacs à plantes vides, je le pose au fond et je recouvre le tout avec un coussin parce que je sais qu'on place les oiseaux dans l'obscurité pour qu'ils se calment.

 

J'entre dans le salon, les fauves ne me quittent pas des yeux, ils guettent la faille, le moment d'inattention fatal ... OK, OK, je m'emballe un peu, mais je vous jure que ça y ressemblait. Un affreux constat s'impose à moi, je n'ai pas une seule boite en carton où loger le petiot, je vide un grand bac plastique des moules à gâteaux qu'il contenait, j'ajoute un coussin plat dans le fond et je sors à nouveau pour y installer l'oiseau. J'ignore ce dont il peut avoir besoin, je met une soucoupe avec du pain trempé, et une petite brioche à côté de lui, je ferme la boite en déposant dessus un grand châle opaque. Un coup de fil à l'école vétérinaire m'apprend qu'ils n'ouvriront les urgences qu'à 13 heures, je pars bosser.

 

Quelques laborieuses recherches sur le net me permettent de penser qu'il s'agirait d'un "martinet noir", mais les ornithologues parmi vous sont autorisés à rectifier et à me faire part de leurs conclusions.

Toujours est-il que le martinet noir est insectivore et que je me sens un peu con avec ma petite brioche.

 

A l'heure du déjeuner, je file chez moi, cette fois armée d'un carton percé de trous, je récupère le petiot et je l'emmène aux urgences. Par chance, je travaille près de chez moi et j'habite tout près de l'école vétérinaire, tout se goupille bien. Je n'ai même pas poireauté, il m'ont pris ma petite boite tout de suite après m'avoir demandé les circonstances de ma trouvaille. La jeune femme a inscrit "martinet" en face de la rubrique "espèce supposée" et j'ai espéré qu'ils n'allaient pas crever de rire en ouvrant la boite à la clinique ornithologique.

 

J'espère qu'ils vont pouvoir le remettre sur pattes et le relâcher, j'ai envoyé un mail pour qu'ils me donnent des nouvelles, bonnes ou mauvaises, et j'ai joint la photo pour qu'ils le reconnaissent car j'ose à peine imaginer le nombre d'oiseaux qu'on leur apporte.

 

Donc, un grand merci aux bénévoles de la clinique de la faune sauvage de l'école vétérinaire d'Alfort, je me demande ce que j'aurais bien pu faire de ma petite victime sans eux.

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M
Mauvaise nouvelle pour mon petit martinet, mais des nouvelles quand même alors, pour ceux qui se sont posé la question, voici la réponse reçue hier de la clinique de la faune sauvage de l'école vétérinaire :<br />  <br /> "Bonjour, Nous vous répondons avec retard mais il faut dire que nous sommes débordés par les animaux en ce moment.Le martinet que vous nous avez apporté est mort le lendemain de son accueil. Bien que d'un bon poids (40 g), il était faible, déshydraté et avait perdu l'usage d'une patte. Des lésions internes expliquent sans doute sa mort ; elles pourraient être dues à un choc contre un obstacle, ce qui est assez fréquent chez les martinets, avant l'attaque du chat. Vous avez de toutes façons bien fait de nous l'amener car il a ainsi évité une longue agonie.Cordialement.Pour le Cedaf, Pr. JF Courreau"
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