Humeur, humour ... parfois noir.
J'ai quelques collègues pénibles, certains sont sympas, la plupart du temps je supporte bien tout le monde mais il faut dire que mon investissement affectif est proche du zéro absolu.
C'est mes collègues, c'est tout. Je suis contrainte de travailler pour gagner ma vie parce que mes ancêtres ont dépensé la totalité du patrimoine avec des danseuses ou autres fantaisies. J'espère qu'ils se sont bien amusés, parce que moi, aujourd'hui, je dois mériter l'argent que je dépense et ce n'est pas drôle.
Au milieu de tous ces humains plus ou moins aimables, il y a La Poison (que nous appellerons ainsi car c'est une vermine).
La Poison, c'est le prototype même de la femelle détestable.
Elle critique tout le monde, râle toute la journée, soupire bruyamment pour marquer son énervement ou sa lassitude, pousse à fond le haut parleur de son téléphone afin de faire grimper les décibels, se mêle des affaires d'autrui et considère, bien que n'ayant absolument aucun pouvoir hiérarchique, qu'il est de son devoir de surveiller les autres, de vérifier qu'ils travaillent.
Une petite saynète reproduite en toute impartialité pour me faire bien comprendre :
Moi : "Mon téléphone crachote, il y a un faux contact dans le fil, on en a d'autres ?"
La Poison : "Va voir au bureau d'études, ils en ont sûrement"
J'y vais, je demande au responsable du bureau où sont rangés les fils, il me répond qu'il n'y en a pas, les téléphones sont en location, nous n'avons pas de pièces détachées. Je retourne à mon bureau.
Moi : "Le responsable dit que nous n'avons pas de pièces car les postes sont en location, je vais en emprunter un sur un poste inutilisé, j'ai l'impression d'avoir des conversations dans le blizzard"
La Poison : "De quoi se mêle t-il cet imbécile ? qu'est-ce qu'il en sait ?"
Moi : "Il ne se mêle de rien, je lui ai posé une question, il y a répondu"
La Poison : "En tout cas, pas question que tu prennes le fil d'un autre, appelles le 8903 c'est l'abrégé pour joindre la boite qui nous loue les postes"
Moi : "..."
Il me vient immédiatement à l'esprit le "Je ne parle pas aux cons, ça les instruits" de Michel Audiard.
C'est comme ça tous les jours, je sens en permanence monter la pression, je sens que je vais me la faire.
A ce sujet, j'ai eu une longue conversation avec ma Chef qui, quand je lui ai dit mon degré d'ébullition, m'a répondu un mielleux "Tu devrais peut-être la remettre à sa place après tout".
J'ai donc carte blanche pour lui régler son compte et, croyez-moi, je vais guetter le moindre écart de conduite.
N'empêches, la Chef, c'est une belle dégonflée, ce qu'elle fait, j'appelle tout simplement ça "lâcher le chien".