Humeur, humour ... parfois noir.
Je
m'appelle Galys. Je suis très jeune encore, 12 ou 18 mois peut-être.
Ma vie était plutôt agréable jusqu'à la naissance de mes bébés. Je vivais avec des humains qui me laissaient mener ma vie de chatte, je sortais à ma guise, on me
caressait souvent et on me traitait bien.
Et puis, ce qui devait arriver arriva, un jour un mâle s'est intéressé à moi, et en quelques minutes, notre accouplement à scellé mon avenir.
J'ignorais alors la gravité de mes actes mais, quand bien même je l'aurais su, je n'aurais rien changé car ce n'était pas en mon pouvoir.
C'est mon instinct qui m'a fait sortir et appeler ce matou, c'est mon instinct qui m'a dicté toutes mes réactions. Ca n'a même pas été agréable pour moi.
Ensuite, j'ai grossi, je me suis alourdie. J'avais déjà vu des femelles gestantes que que je croisais au hasard de mes balades, je savais bien ce que ça
impliquait.
Un beau jour, j'ai mis au monde des bébés, mes bébés. Je m'en suis occupée avec beaucoup de tendresse. Ils grandissaient bien, je leur apprenais tout ce qu'un chat
de famille doit savoir. Peu à peu, ils ont commencé à se nourrir de croquettes, têtant encore de temps en temps parce que c'était bien agréable pour eux comme pour moi.
Curieusement, au lieu de se réjouir des progrès de mes bébés et de la bonne éducation que je leur donnais, mes humains ont commencé à me parler moins gentiment, ils
semblaient embarrassés, gênés par notre présence.
Un matin, ils sont venus chercher les bébés et les ont déposés dans une valise, comme ça m'inquiétait un peu, j'ai bondi dans la valise ouverte pour les rejoindre
et... mes humains ont refermé le couvercle, nous bouclant à l'intérieur.
Pendant quelques minutes, nous sommes restés calmes, ne comprenant pas ce qu'il se passait. Puis la valise a été secouée, on nous a posé dans la voiture dont j'ai
reconnu l'odeur et le bruit mécanique et nous avons roulé un moment.
Mes bébés miaulaient, se débattaient, cherchaient à sortir et moi j'essayais de les tranquiliser, je me disais que c'était encore un de ces actes humains étranges
que nous ne comprenons pas mais que nous serions bien vite libérés. J'avais tord.
Je sais qu'ils ont sorti la valise de la voiture et l'ont posé à plat. Mes bébés se sont tus à nouveau, attendant l'ouverture et nous avons entendu la voiture
redémarrer et s'éloigner. Ensuite, plus un bruit. Nous avons miaulé, puis attendu, puis miaulé. Il faisait de plus en plus chaud dans la valise, le soleil devait être déjà haut dans le
ciel.
Mes bébés faiblissaient, je le voyais. Au bout d'un long moment, j'ai entendu des voix humaines assourdies alors j'ai appelé au secours, j'ai miaulé aussi fort que
je pouvais. Les voix se sont tues, puis rapprochées, les voix semblaient étonnées mais personne n'ouvrait. La valise a de nouveau été soulevée et emportée dans un endroit qui sentait la trouille
animale.
Enfin, le couvercle de la valise s'est soulevé tout doucement et un humain en blouse blanche nous a regardé avant d'ouvrir en grand.
L'humain en blouse blanche s'est tout de suite occupé de nous, il nous faisait peur mais il était gentil, il nous a nourris, soignés, traités avec bonté.
Quand nous avons tous été tirés d'affaire, une dame est venue me chercher, elle m'a expliqué que l'homme en blouse blanche se chargerait de trouver des familles
pour mes bébés mais que, comme il n'était pas sur de parvenir à me trouver une famille et qu'une clinique vétérinaire n'est pas un bon endroit pour vivre, elle allait s'occuper de moi.
Aujourd'hui je suis chez Croco, pour quelques heures seulement, en transit... encore... puis je rejoindrai une famille d'acceuil qui m'attend. Vivement que j'y sois
parce que tous ces changements, ça m'inquiète beaucoup.
Et puis, mes bébés, je pense encore à eux, que vont-ils devenir ? Trouveront-ils de bons foyers ou finiront-ils au fond d'une valise à crever en plein soleil ?
Nota : Galys est adoptée ! Elle rejoindra son foyer le 26 juin. Bon vent ma puce.