Humeur, humour ... parfois noir.
Souvent, je travaille le dimanche. Je ne dis pas ça pour me faire plaindre, hein, au contraire. En fait, j'aime bien travailler le dimanche parce que c'est le seul jour
où la circulation n'est pas infernale. Rouler le dimanche matin me donne l'impression d'être passée dans une autre dimension : les rues sont vides et calmes.
Un dimanche matin donc, je traversais la banlieue pour me rendre chez une cliente quand, brutalement en arrivant dans une artère qui devait me permettre de traverser la nationale 305, je me trouve dans un embouteillage.
Je m'étonne, j'imagine qu'il y a dû y avoir un accident et je m'échappe de la mêlée en prenant de suite une rue perpendiculaire au bout de laquelle, je tombe sur une femme, de dos, les bras en croix comme si elle faisait traverser des gamins. Il n'y a personne qui traverse, j'attend quelques secondes, pas un mome ne pointe le bout de son nez, je me penche par la fenêtre et lui crie un "bonjour, je dois tourner à droite, pouvez-vous vous pousser ?".
Elle se retourne et me crie "Vous n'avez pas le droit d'aller à droite, il faut redescendre vers la gauche".
Moi, sentant la moutarde me monter au nez : "Vers la gauche, je rentre chez moi, or, là, maintenant tout de suite, je vais chez une cliente qui se trouve être vers la droite, quel chemin puis-je emprunter pour traverser la nationale ?"
Elle : "J'en sais rien, je ne peux pas vous dire, je ne suis pas d'ici"
Il me vient une furieuse envie de lui passer sur le corps et de tourner à droite quand même mais je parviens à me contenir.
Je tourne à gauche pour m'apercevoir que cette artère là est pleine de monde. Je m'arrête à hauteur d'une charmante fliquette toute souriante et je lui explique que je dois absolument traverser la nationale 305 pour me rendre chez une cliente qui réside justement sur l'autre rive. Elle hausse les sourcils, réfléchit, appelle un type portant un t-shirt marqué "Humarathon" pour lui demander son avis.
Qu'on soit bien clairs : je n'ai rien contre les types qui enfilent un short moulant pour aller cavaler 40 bornes le dimanche matin, mais bon, de là à bloquer une nationale pour ça et sans même avoir pris la peine de nous en informer avec de très grandes pancartes bien lisibles auparavant.
C'est vrai que les seuls imbéciles qui se lèvent le dimanche matin sont les crétins en short , que les barrages routiers ne gênent pas donc, et les idiots qui bossent...
Le type : "Ah, mais vous ne pourrez pas traverser la nationale ce matin".
Moi : "Je DOIS la traverser donc, s'il s'agit simplement de se faufiler entre deux groupes de coureurs, je suppose que ça a été prévu, dites-moi où aller pour traverser".
Lui : "Il faudrait aller récupérer l'autoroute..."
Moi : "L'autoroute ? Mais ça me fait un détour de 15 bornes ça ! Avez-vous une raison personnelle de me haïr ?"
Lui : "Ben, écoutez, essayez la rue trucmuche, mais faites vite, elle sera bientôt barrée elle aussi..."
J'ignore si "aussi" était le dernier mot de sa phrase car j'ai enfoncé l'accélérateur, bien décidée à ne pas me laisser bloquer dans la rue trucmuche.
J'ai laissé un peu de gomme sur le bitume et je suis passée pour une hystérique digne de figurer dans un clip de la sécurité routière, mais j'ai réussi à passer de justesse.
En traversant la nationale, j'ai jeté un coup d'oeil vers le tronçon barré pour tenter de comprendre pourquoi la commune
avait décidé de faire cavaler les courreurs au beau milieu de la nationale à cet endroit précis qui est un lieu à très forte circulation justement. Alors ? A ton avis ? Pourquoi boucler la
nationale juste à cet endroit qui est le pire choix possible alors que les courreurs, ben, ils pouvaient courrir n'importe où ?
Ben, c'est tout simple en fait, ils ont bloqué une nationale pour faire galoper les marathoniens sous les fenêtres de la mairie ! Pourtant, à mon avis, un dimanche matin, ils n'étaient pas nombreux au bureau les employés municipaux...
PS : décidément, je trouve mes crobards lamentables, comme le résultat n'est pas du tout à la hauteur des efforts fournis, je
vais te poser une question très directe : est-ce que ça vaut vraiment la peine que je transpire sur mon bloc ? Je te le demande pour de vrai...