Humeur, humour ... parfois noir.
Je
réfléchissais à des mots que j'aimerais sauver de l'oubli. J'ai été tentée par des mots comme fraternité, empathie, séculaire, sidéral, égérie et bien d'autres. Or, tous
ces mots sont bien jolis, mais je ne les sens pas encore menacés, il me fallait un mot encore moins usité.
Le premier qui est né de cette réflexion est Coquecigrue. Certes, j'aime baliverne, billevesée, faribole, calembredaine,
mais Coquecigrue est le meilleur. Je l'aurais naturellement traduit par "absurdité", mais j'ai eu envie d'en savoir plus et j'ai fait quelques recherches sur son origine.
Voici deux des nombreuses définitions que j'ai trouvées :
"n. f. XVIe siècle, coques cigrues, et coquesigrue au XVIIe siècle. Origine obscure. Litt. Conte en l'air, faribole, chimère. Il vient nous conter des coquecigrues."
"A l'origine, la coquecigrue - rarement observée au masculin - est un oiseau imaginaire et fabuleux. Le mot contracte coq, cigogne et
grue."
Il s'avère que c'est également le nom d'un festival rennais (affiche en début d'article) qui regroupe théâtre, musique, spectacles de rue...
J'ai découvert à mes dépens, quand j'ai voulu me la péter un peu en utilisant ce terme devant un minot, qu'il s'agissait du nom d'un hibou dans Harry Potter.
Une petite balade sur le ternet m'a également appris que le mot n'avait pas sombré dans l'oubli, il est partout. J'aurais pu être désappointée d'avoir autant manqué d'imagination, mais je suis
ravie que le ménage à trois improbable d'un coq, d'une cigogne et d'une grue aie sauvé sa peau.