Humeur, humour ... parfois noir.
Je vous ai déjà parlé de mes cousins de Normandie, ils sont devenus adultes, mais ils ont eu une enfance pleine de bêtises.
Il y a eu la fois où, évitant l'école, ils sont partis se promener dans les champs et les bois alentours. Il faisait beau et doux, pas un temps à s'enfermer dans une salle de
classe.
La journée avance, ils commencent à trouver leur sacs un peu lourds. Le problème quand on fait l'école buissonnière, c'est cette saleté de cartable qu'il faut quand même trimballer
partout.
Il n'est pas envisageable de laisser les sacs quelque part, même cachés. Sur ces terres agricoles, n'importe quel paysan pourrait tomber dessus sans même le faire exprès et, comme tout le monde
se connaît, pourrait identifier les cartables et dénoncer les graines de voyous.
Il n'est pas envisageable non plus de continuer à porter les boulets qui pèsent des tonnes et les condamne à la lenteur.
Il leur faut une solution, les idées fusent, tout à coup, jaillit l'éclair de génie. Adaptant la devise de Sherlock Holmes "Lorsque vous aurez éliminé l'impossible, tout ce qui vous reste,
même si c'est improbable, est forcément la vérité" l'intellectuel de la bande pond une idée : sortir du sac tous les calepins, cahiers de texte, cahiers à spirale et autres carnets de
correspondance, en faire un tas, y mettre le feu, repartir avec les sacs presque vides et légers.
C'est tellement simple, tellement beau comme idée que tous s'empressent de vider leurs sacs des paperasses encombrantes. Ils grattent une allumette et joignent ainsi l'utile à l'agréable : un
joli feu de joie et des cartables version allégée.
Ils repartent baguenauder, insouciants, car quelquefois, il faut bien l'admettre, les enfants sont des imbéciles qui ne voient pas qu’un avenir sombre se profile à
l’horizon.
Ils passent une journée superbe et libre, mais le soir, en rentrant, ils ont la surprise de découvrir, bien en vue sur la table de la salle à manger, un petit tas de papiers presque intégralement
consumé dans l'angle desquels ont lit encore très clairement des noms et des prénoms.
Pol, si tu me lis, as-tu déjà eu "baguenauder" ?