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Humeur, humour ... parfois noir.

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Le temps de mourir

undefinedUne femme, Chantal Sebire, réclame le droit de mourir. 
Une maladie incurable la torture et, comme si la douleur ne suffisait pas, elle la défigure.

Actuellement, la loi française n'autorise pas "l'euthanasie active", elle permet seulement de laisser mourir. Tout ce qu'on propose à Chantal, c'est un deuxième avis médical. Sa maladie ayant été diagnostiquée en 2002, je pense que cette femme a déjà fait appel à toutes les compétences médicales possibles, j'imagine qu'elle a déjà tout tenté pour échapper à ce cauchemar qui a fait de sa vie un enfer, une non-vie.

Je ne comprend pas pourquoi la mort devrait nous terrifier à ce point, la mort n'est pourtant pas ce qui peut nous arriver de pire. Je sais aussi par expérience qu'elle n'est pas ce qui peut arriver de pire à ceux que nous aimons. Je sais qu'il vaut mieux pleurer quelqu'un que de le voir jour après jour pleurer de douleur et de désespoir sur une lente et inéluctable dégradation.

Le seul avis médical qui importe à ce stade devrait porter sur sa santé mentale. Seul compte le fait que sa décision soit personnelle et éclairée. 

Je comprend que ce ne soit pas simple de modifier la loi, mais les pays qui l'ont fait n'ont pas basculé dans le chaos ou le meurtre légalisé, pourquoi ne pas s'inspirer de leur démarche ?

L'idée que je puisse un jour être dépossédée du droit à disposer de moi même, et donc de choisir ma mort, me révulse. 
Je ne veux pas être contrainte, si ma vie tournait au cauchemar, de mettre fin à mes jours seule chez moi en laissant à mes proches des remords ou pire, si mon propre corps ne m'obéissait plus, de demander à mes proches d'agir pour moi.

La vie c'est autre chose qu'une activité cérébrale ou un rythme cardiaque. 
La vie c'est ce qui jaillit de cette activité cérébrale, tout ce que nous créons, tout ce que nous élaborons ou qui s'y inscrit pour toujours comme les souvenirs qui nous construisent.
La vie c'est ce qui accèlère ce rythme cardiaque quand on s'enthousiasme, qu'on s'aime, ou le tranquilise quand on se câline pour s'appaiser.

La vie, ce n'est pas une douleur continuelle, ce n'est pas être cloitré chez soi jour après jour car on n'ose plus sortir, la vie, ce n'est pas se réveiller chaque matin en étant désolé de s'être réveillé.



Nota : Chantal Sebire est morte, et ceux qui se sont bouché les oreilles quand elle appelait au secours décident aujourd'hui de l'autopsier dans le but unique d'envoyer devant le juge celui ou celle qui a eu assez de courage et d'humanité pour l'aider, quelle honte.

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M
J'espère aussi que ceux qui lui ont tourné le dos ont au moins quelques remords (mais là je suis un peu beaucoup optimiste)
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L
<br /> <br /> J'aimerais en effet croire qu'ils ont moins bien dormi depuis, mais ...<br /> <br /> <br /> <br />
P
son décès va peut-être faire avancer le débat ou bien les politiques vont en profiter  refermer le débat
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L
<br /> Ils vont peut-être chercher un coupable ?<br /> <br /> <br />
P
J'ai également écrit un article sur ce sujet, article moins long que le tien mais avec le même point de vue
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L
Oui, je l'ai lu (et commenté). C'est un sujet qui touche tout le monde mais cela ne semble jamais faire avancer le débat.
C
Non la mort n' est pas ce qu' il y a de pire.Quant à l' euthanésie faite par les proches, la suite est lourde à gérer. Combien de nuits de garde durant aı-je été tentée d' euthanasier mon petit-fils. Verser le flacon de digitaline dans la sonde buccale était le moyen le plus simple d' abréger ce que la Science appelle la vie, et qui n' est en réalité qu' une longue torture qui mène à la mort. Inéluctable. Pas d' échappatoire !L' euthanasie doit être médicale. Un peu comme dans un peloton d' éxécution où tout le monde sait qu' un seul fusil est chargé à blanc, et tout le monde espère que c' est lui qui l' avait.
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L
Un certain nombre de médecins assument déjà cette responsabilité en secret, avec le risque que cela comporte pour eux. Oui, l'euthanasie doit être médicale, justement pour ne pas être confondue avec un crime, justement parce que c'est le seul moyen de l'encadrer.J'ai vécu aussi ce doute qui ronge, cette culpabilité qui hante même quand toute l'intelligence sait que c'est le seul choix possible, le coeur hurle le contraire.
H
Cette femme peut mourir qand elle le souhaite car il lui est possible de se suicider. Mais le problème, c'est qu'elle sollicite l'assistance d'un tiers.Je suppose que le législateur (qui tient son pouvoir de nous-même, ne l'oublions pas !) appréhende le fait que cette assistance actice connaisse des dérives.Donc, pour forcer le droit, il faut prendre des risques, commettre l'acte illicite et attendre  un jugement qui traduira enfin l'évolution de la société sur le sujet.Les proches de cette femme devraient, à mon sens, prendre cette responsabilité car le progrès nait de la transgression.
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L
Il est vrai que je ne perçois pas totalement la raison qui la pousse à préférer "l'euthanasie" au "suicide", son médecin à l'air compatissant et d'accord pour l'accompagner, elle pourrait sans doute obtenir de lui le produit léthal nécessaire.Ses proches peuvent en prendre la responsabilité, mais c'est extrèmement lourd à gérer. Il est également vrai que le progrès est à ce prix.