Humeur, humour ... parfois noir.
Tous les ans, autour de
chez moi, naissent de nouveaux chats errants. Certains grandissent aux yeux de tous, certains sont mieux cachés
par leurs mères.
Il y a quelque jours, ma copine Béa m'a montré une portée de 3 chatons tigrés qui vit au pied d'un des immeubles, côté parc, dans les haies.
Ils sont assez prudents, ne s'approchent pas. Enfin, ils ne s'approchent pas à moins de 2 mètres, ce qui me semble déjà trop près étant donné le danger que représentent mes congénères.
Ce sont de petites merveilles, comme tous les chatons, mais ils sont tigrés (donc ordinaires) et sauvages (donc pas câlins) alors, à part une vieille dame, personne n'envisage de s'en
occuper et autour de chez moi, les associations n'en veulent pas car elles sont déjà débordées par le nombre.
Il est presque impossible de simplement les nourrir régulièrement car nous serions très vite repérés par de jeunes crétins dont le plaisir est de s'en prendre à plus faibles qu'eux.
Chaque fois, j'ai le coeur en vrac, l'estomac retourné à l'idée de la vie qui les attend. J'en ai ras le bol d'entendre : "C'est comme ça, ce sont des chats errants, il faut laisser faire la
nature, c'est leur vie".
Le chat errant n'est pas une espèce à part, indomesticable, sauvage. Le chat errant avait une mère, ou une grand-mère, ou une arrière grand-mère qui vivait près des hommes, qu'on n'a pas
stérilisée, qui s'est retrouvée à la rue et a commencé à la peupler de misérables.
Le chat errant n'est pas un animal sauvage, c'est un chat dont personne n'a voulu la compagnie.
J'espère que les petiots auront l'occasion de grandir, je dirais qu'ils ont entre 2 et 3 mois, ils pourraient encore être sociabilisés par quelqu'un qui n'a pas déjà 4 chats (comme moi) ou 2
chats et 2 chiens (comme ma copine Béa).
Je n'oublie jamais que, si la plupart d'entre eux, en grandissant, deviennent trop méfiants pour retourner parmi les hommes, certains incurables optimistes comme mon Soudan n'attendent qu'un geste de notre part pour nous offrir leur amitié.