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Humeur, humour ... parfois noir.

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Les Innocents

En face de chez moi, il y a un petit immeuble devant lequel il y a une grande plaque de gazon ponctuée de buissons et d'arbustes, le tout cerné par un muret de 50 cm sur la rue et un grillage le long de l'allée qui mène à l'entrée.

Tous les jours, en passant devant, je vois une chatte noire et blanche sur ce mur et je lui donne une poignée de croquettes et quelques caresses quand elle est d'humeur. Je crois qu'elle à un propriétaire, elle n'est pas farouche. Il y a un bon nombre de chats errants autour de chez moi et ils sont bien plus prudents.

Il y a 2 semaines, j'aperçois à quelques mètres dans le gazon une minuscule silhouette noire qui file dans les buissons. Lors de mes visites suivantes, je suis plus vigilante. Tous les jours, j'observe le terrain et je finis par comprendre qu'il y a 2 chatons, le tout petit noir et un blanc et noir, à peine plus grand. Les petiots ne se cachent pas vraiment, ils gardent seulement leurs distances. Tous les signaux d'alarme s'allument dans ma tête, les chatons des rues ne font pas de vieux os.

Je prend l'habitude de discuter avec les personnes qui s'arrêtent près de moi quand je les observe, j'essaie de savoir si quelqu'un les prend en charge. On me répond que des gens les nourrissent et, en effet, il y a des barquettes vides et un bol d'eau au pied du muret.

Hier, une charmante jeune femme me demande si je vais "prendre les chatons", je lui dis que je songe à les faire récupérer par une association.

Elle, sceptique : "Vous croyez qu'ils seront plus heureux dans une association ? Ils sont bien là."

Moi : "je voudrais les faire adopter, je ne peux rien pour les adultes, mais les bébés, ils sont en danger vous savez, entre les chiens, les voitures et tous les cinglés qui leur veulent du mal soit parce qu'ils les dérangent, soit parce qu'ils ont trouvé plus faibles qu'eux à torturer ..."

Elle : "il n'y a pas de cinglés ici, il n'y a que des gens biens, je peux vous l'affirmer."

Moi : "..."

Je pense à tout ce que je sais, les animaux tabassés, brûlés vifs, dépecés vivants, et pas que les animaux.

Je regarde l'immeuble, 7 étages, 4 appartements par étage, multiplié par un bonne quinzaine d'immeubles autour dont le mien, des centaines d'humains. Je connais moi aussi, au moins de vue, les gens du quartier, c'est un endroit assez tranquille, nous participons nombreux, une fois par an à la Fête des Voisins.

Je ne connais pas le pire sur mes voisins, mais il y a la famille qui pourrit la vie des habitants de l'appartement du dessous en faisant des travaux tous les jours, il y a le type qui rentre ivre tous les après midi et dont j'imagine les soirées de sa femme et de ses gosses, il y a l'adolescent qui tague les murs et provoque tout le monde depuis que son père est mort, il y a celle du 7ème étage qui à piqué le mari de celle du 4ème, il y a celle qui a poignardé son mari, etc.

Tellement d'humains, les statistiques sont contre nous. Sur le lot, il y a forcément des cruels, des violents, des lâches, des imbéciles, des agresseurs de tout poil, des extrémistes ; tout comme il y a un lot de généreux, de tendres, de drôles, d'amicaux, de parents formidables, d'humains courageux. Je ne les connais pas tous personnellement et j'aime plutôt bien mes voisins, cependant, je ne me porterais pas garante de leur santé mentale.

Tant de naïveté me laisse rêveuse, je ne crois pas aux théories du complot, je ne suis pas paranoïaque, mais je ne me fais pas d'illusions non plus.

Je sais nos faiblesses, nos bassesses, car moi aussi, j'en ai.

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