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Humeur, humour ... parfois noir.

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Le généalogiste, ce héros

Hier, pour la première fois de ma vie, j'ai mis les pieds chez un notaire et j'ai bien envie de raconter ce qui m'a amenée chez lui.

Décembre 2005, un cabinet de généalogie me téléphone pour m'apprendre mon statut d'héritière dans une succession, un monsieur fort aimable me propose de m'envoyer un contrat de révélation. En échange de ma signature sur ce contrat et d'un petit pourcentage, il me propose d'effectuer toutes les démarches à ma place et de me révéler qui est le généreux décédé. D'ailleurs, pour preuve de son sérieux, il me dit qu'il est mandaté par le notaire en charge de la succession.

Après 22 secondes d'un insoutenable suspense, je décide qu'il s'agit sans doute d'un de mes grands parents paternels. En effet, mon père est décéde et ses braves parents avaient tant d'affection pour nous que malgré mes efforts, j'ai du les rencontrer une dizaine de fois au cours de mes 41 années de vie.

Un rapide calcul m'apprend que le grand-père aura 100 ans cette année et la grand-mère le suit de près. Un coup d'oeil à la rubrique état civil du journal de leur commune m'apprend que c'est madame qui a franchi la ligne la première.

Certes, le papy m'est quasiment étranger mais je décide que je ne souhaite pas pourrir la fin de parcours d'un vieillard qui est déjà dans les starting blocks, c'est mauvais pour mon karma.

Je pensais laisser passer le temps. C'était sans compter sur le généalogiste qui, entre temps, m'avait expédié son fameux contrat de révélation : en échange du nom d'un défunt que je suis censée ignorer et de diverses démarches administratives, il se contentera de 30% de mon héritage après prélèvements fiscaux si je suis héritière en ligne directe, 40 % si je suis un collatéral privilégié et, tenez-vous bien, 48% si je suis un collatéral ordinaire.

Après avoir bien ri, je décide de ne pas répondre à cette provocation et j'oublie cet épisode. Un petit mois plus tard, je m'aperçois que les crocs du généalogiste sont toujours plantés dans mon héritage car il m'envoie un second courrier très aimable me disant tout le bien et le sérieux de sa vénérable entreprise, m'incitant même à me renseigner par moi-même. Je décide que j'ai mieux à faire pour occuper mes journées.

Le généalogiste passe alors en mode cosa nostra. Deux lettres se suivent dont il ressort que je n'ai pas le choix, que je dois signer car, sans son intervention, je ne serais qu'une grosse ignorante de mon prestigieux statut, qu'il a le pouvoir de bloquer la succession, etc. Bref, il menace, il grogne, il s'accroche à ses 30%, il prétend que lui seul peut me révéler le nom du notaire et que sans cet élément, j'errerai pour toujours à la recherche de mon héritage perdu.

Trouvant que la plaisanterie à assez duré, je décide de passer par un autre notaire pour lui demander de consulter le fichier des dernières volontés et d'ouvrir la succession. Enfin, comme je suis un peu futée, je décide d'abord de tenter ma chance et d'appeler le seul et unique notaire installé sur la commune de la défunte. Je bluffe un peu la standardiste qui m'avoue donc que le dossier est bien là. J'envoie un courrier recommandé à l'étude pour me faire connaitre et j'attend.

L'histoire n'est pas vraiment terminée puisque le grand-père est décédé à son tour, que j'ai envoyé un nouveau courrier recommandé. Je ne sais pas si c'est mon manque de coopération avec le généalogiste ou les courriers en recommandé que le notaire n'a pas apprécié mais il ne me semble pas très coopératif.

En général, un héritage sème la zizanie entre les héritiers et ceux qui auraient aimé hériter, moi, je n'ai pas encore touché un cent, personne n'est malheureux, personne ne manque à personne et c'est déjà le bazar.  

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