Humeur, humour ... parfois noir.
Quand j'ai commencé à travailler, je m'imaginais en Working Girl,
ambitieuse, efficace, chèrement payée, talentueuse. J'imaginais un monde fabuleux où mes subordonnés envieraient ma réussite éclatante et où mes supérieurs se féliciteraient de m'avoir à leurs
côtés tout en craignant de devoir un jour me laisser leur place.
J'ai réalisé au bout de 6 ou 7 ans que je voulais juste rentrer chez moi à une heure où le métro circule encore, juste carresser mes chats en regardant un bon film avec l'Homme (ou l'inverse), juste vivre simplement avec des jours de repos et des vacances, avoir les 35 heures, 5 semaines de congés payés et, s'il m'est donné d'atteindre les 60 ans, profiter d'une retraite heureuse en cultivant mon jardin et en courant le monde.
Dans le bon vieux temps, chaque année qui passait me rapprochait du temps béni de l'oisiveté durement gagnée. Cette merveilleuse oisiveté que personne ne juge puisqu'elle elle justifée par des années de labeur. Je me posais souvent la question de ce que je pourrais faire de tout ce temps libre.
Depuis quelques temps, je vis dans la peur. Tout le monde parle de l'allongement du temps de travail, de supprimer les régimes de retraites spéciaux par souci d'équité (alors que l'équité serait aussi bien respectée si on tirait tout le monde vers le haut). Je savais déjà que je serai coincée jusqu'à 65 ans, et je vois se profiler le spectre de 70, 75 ans, et pourquoi pas 85-90 ? Quand la seule réponse à un déficit est l'augmentation de la taxe, il n'y a pas de raison que ça s'arrête. Et si on supprimait les retraites tant qu'on y est, le problème serait réglé. Avec un peu de chance, les vieux, à bout de force, crèveraient plus vite et on règlerait du même coup le déficit de la Sécurité Sociale.
2 problèmes expédiés avec une seule bonne idée, ils sont mortels nos politiciens ! J'ai quand même envie de leur poser un 3ème problème qui me semble un peu lié aux 2 autres : sachant qu'aucun employeur, et souvent même pas l'état, ne recrute un salarié qui a seulement atteint la cinquantaine, coment allons-nous décrocher un job à 70 ans ?
Ne riez pas, imaginez l'entretien d'embauche de Papi Brossard ou de Mami Nova (ah non tiens, mauvais exemple, ils ont un job eux).
Misère, "Peindre ou Faire l'Amour", je crains que telle ne soit jamais la question.