Humeur, humour ... parfois noir.
Depuis quelques jours, c'est le grand retour du H5N1.
Tremblez bonnes gens, enfermez vos poules, piquez vos chats, abattez les oiseaux migrateurs, et tout ce que vous pourrez trouver de plus crétin encore. C'est le règne de la trouille, la fin de l'humanité.
Trève de plaisanteries (c'est une blague je vous dis, posez donc cette carabine !), je n'ai toujours pas compris pourquoi il me fallais avoir peur.
Je résume :
- ce virus ne se transmet qu'entre oiseaux ;
- il a déjà muté, comme tous les virus de son espèce, mais il n'a encore jamais pris une forme qui lui permette de passer d'un humain à l'autre ;
- il peut toucher éventuellement les humains qui côtoient des oiseaux malades de très près quotidiennement ;
- on peut parler d'épizootie, mais en aucun cas d'épidémie ;
- il y a eu 165 décès imputables à ce virus en 4 ans et pour 6 milliards d'êtres humains, ce qui est très triste pour les familles des victimes mais ne représente en aucun cas une catastrophe sanitaire ;
Pour être parfaitement objective, c'est sans doute le virus qui a tué le moins d'humains de toute notre histoire, un accident d'avion ferait plus de morts.
Mesdames et messieurs les journalistes, je vais être très claire : arrêtez de nous bassiner avec la grippe aviaire, car dans grippe aviaire, le mot important c'est "aviaire". Si un jour le virus mute et veut notre peau, il sera temps de nous avertir, le savoir à l'avance ne nous mène nulle part. Moi, je vais continuer à donner du pain aux pigeons et aux moineaux et je continuerai à ne pas caresser les cadavres d'oiseaux.
D'ailleurs, quand je dis qu'il sera bien temps de nous avertir si nous sommes en danger, je veux dire, nous avertir avec plus de rapidité et d'honnêteté que la dernière fois que notre vie était en danger, je me souviens qu'après l'accident de Tchernobyl, nous avons su bien trop tard que certains d'entre nous étaient en train de mourir.