Humeur, humour ... parfois noir.
J'ai entendu ce week-end une histoire drôle.
Pas une blague, juste une histoire vraie et amusante racontée par quelqu'un qui a atteint l'âge de pouvoir révéler ses bêtises de gamin.
Il arrive toujours un temps où, lorsqu'on raconte ses aventures héroïques ou ridicules, les parents rient eux aussi.
L'histoire se passe en Normandie, dans un hameau. Voilà un petit groupe de gamins, élevés en semi-liberté comme la plupart des gamins vivant à la campagne, courant les bois et les champs qu'ils connaissent comme le fond de leur poche sous la surveillance multiple des parents qui les aperçoivent d'un côté ou de l'autre et se préviennent.
Les mailles du filet de vigilance sont forcément un peu lâches et ne couvrent pas tout le territoire de la petite bande. Une zone en particulier échappe aux regards des parents : une vieille passerelle en ferraille qui enjambe la voie ferrée. Il est évident que cette passerelle est un lieu magique. Quand ils sont debout dessus et que le train passe au dessous, elle vibre, elle tremble, elle semble fragile, prête à s'effondrer. Nul doute qu'au début, elle représentait un défi du genre "T'es pas cap de rester sur la passerelle pendant que le train passe".
Au bout d'un moment pourtant, soit ils ont trop souvent senti les vibrations et la sensation n'est plus la même, soit ils ont un peu grandi mais rester debout sur la passerelle ne les amuse plus.
Ce n'est pas grave, ils inventent un nouveau jeu. Ils attendent l'arrivée du train, montent sur la passerelle et baissent leurs pantalons pour montrer leurs fesses au convoi. Le conducteur, sans doute écroulé de rire dans la motrice, klaxonne au passage et eux, ça les réjouit pour de bon.
Moi aussi ça m'amuse, d'abord parce que j'aurais sans doute fait la même chose si l'occasion s'était présentée et ensuite parce que je pense à tous ceux qui entendaient au loin la très sérieuse corne du train sans savoir qu'il saluait ainsi quelques paires de fesses.