Humeur, humour ... parfois noir.
L'Homme et moi, on se partage l'organisation quotidienne : il fait la cuisine, je fais la lessive, il passe la serpillière, je passe l'aspirateur, etc. Il y a pourtant un domaine que nous ne voulons prendre en charge ni l'un ni l'autre, c'est la gestion de l'argent. On est nuls, on n'investit rien, on a seulement un Codevi chacun qu'on remplit consciencieusement. Dès qu'on a de l'argent de côté, on le dépense tout aussi consciencieusement : on part en voyage, on s'offre un restau, un week-end à deux, on donne un peu aussi.
Le banquier, qui est un homme raisonnable, essaie tout le temps de nous fourguer des assurances vie sur la mort, des comptes bloqués sur 20 ans qui rapportent à fond, des épargnes logement qui nous donnent le droit ... d'obtenir des crédits de folie. C'est très simple, quand le banquier nous contacte pour nous vendre un de ses merveilleux investissements, nous savons qu'il est temps de faire baisser le niveau de l'épargne.
Le revers de la médaille, c'est qu'il nous la fait payer notre insouciance le banquier. Comme nous ne suivons pas nos comptes, nous ne faisons jamais les virements à temps et nous sommes régulièrement dans le rouge sur le compte des charges. Le banquier à donc inventé un système magique pour détrousser les cigales : la commission d'intervention. Au moindre euro négatif, hop, commission d'intervention (grosse commission bien sur).
Une fois où il m'appelait à nouveau pour me vendre un autre formidable produit financier, je lui en touche 2 mots.
Lui : "Pas de problème Madaaaaaame, nous avons le Contrat Sécurité qui vous protège de la vilaine commission moyennant une misérable cotisation mensuelle".
Moi : "Seriez-vous mal-comprenant ? Je vous explique que je ne veux rien payer d'autre que les agios qui, j'en conviens, sont le prix de ma légèreté"
Lui : "Madaaaame, vous ne voulez tout de même pas que nous vous en fassions cadeau"
Moi : "Ben si monsieur, je pensais que, mon épargne couvrant plus que largement le montant des découverts, vous pouviez vous passer de réunir une commission complète à chaque cent de dérapage"
Lui : "Madaaaame, nous ne réunissons pas une commission pour chaque découvert, la commission, c'est la somme qui couvre notre intervention"
Moi : "Je vous dirais bien Ta gueule là maintenant..."
Voyant que je n'obtiendrais rien de ce paltoquet, je prend mon plus beau clavier et j'expédie un mail au service clients d'ou il ressort en substance, que si on n'arrête pas bien vite ces histoires de commission d'intervention, je change de banque.
J'ai attendu 3 bonnes semaines bien tassées, mais j'ai reçu la réponse suivante :
Madame,
Nous faisons suite à votre demande relative à une facilité de trésorerie. A ce sujet, nous vous informons que l'agence a mis en place sur votre compte de dépôts à vue n° XXXXXXX un agrément de gestion de 300 euros. A titre commercial, nous procédons au remboursement de la moitié des commissions d'intervention prélevées au cours du mois de mai, soit la somme de 28 euros. Nous regrettons vivement le délai pris pour accéder à votre demande et vous remercions de la confiance témoignée depuis de nombreuses années.
Cordialement.
Conclusion : quand on veut, on peut même si on est un intraitable banquier qui ne va quand même pas me faire cadeau de tous ces beaux services qu'il m'offre.