Humeur, humour ... parfois noir.
Jeudi dernier,
des ouvriers devaient passer nous remplacer les fenêtres dans 3 de nos pièces.
Ma petite mère a généreusement accepté de venir faire la cat-sitter en s'enfermant toute la journée s'il le faut avec les velus dans le salon.
Je sais, j'aurais pu laisser les ouvriers se débrouiller, "on se débrouille très bien madame, on a l'habitude, on fermera les portes au fur et à mesure". Ben voyons ! Je n'en crois pas un mot. Je n'ai pas UN gros matou apathique, j'ai TROIS gremlins dévorés de curiosité. Seul un entraînement de chien de berger permet de les contenir et ma mère a cet entraînement.
Or, jeudi, en me réveillant, je réalise que pour s'enfermer dans le salon, encore faudrait-il que nous lui ayons réinstallé les deux portes dudit salon stockées au cellier depuis notre emménagement.
Je m’empare des clefs du cellier qui, fort heureusement, se trouve dans le couloir en face de l’appartement. Il est 7 heures du mat’ je suis en pyjama, je pénètre dans le cellier. A ma gauche, une grande porte dont nous avons ôté la poignée et qui nous a déjà servi de table de groupe, tout au fond, le long du mur, derrière les vélos, les chutes de papier peint et de linoléum, les décorations de noël, les … les j’ignore-pourquoi-l’Homme-a-décidé-de-conserver-ce-truc, les portes du salon.
Connaissez-vous Sokoban (image ci-dessus) ? J’ai un peu joué à Sokoban grandeur nature dans le cellier pour extraire les deux portes, je me suis ensuite battue avec le groom de la porte du cellier pour extraire les 2 battants et je les ai ramenés chez moi. Entre temps j’ai couru récupérer les 3 velus dans le couloir à plusieurs reprises car, pour un chat, une porte ouverte est une porte franchie.
Je commence par le petit battant, je le pose sur mon pied droit, je le tiens tant bien que mal du bout des doigts et, après 5 minutes de corps à corps avec cette saleté de planche, elle coulisse sur ses 3 gonds.
Je redresse la grande porte, enfin, la pas assez grande porte, il y a un jour de 10 cm entre les deux battants. Je réalise que c’est celle qui n’a plus de poignée et que j’ai laissée au cellier qui est la bonne. Je sens que je touche le fond du gouffre, je ressens une bouffée de haine envers l’Homme qui est tranquillement parti bosser sans se poser de question. Je retourne faire l’échange.
La deuxième porte pèse 2,5 tonnes, je transpire, j’ai chaud, je m’énerve, ma mère et les ouvriers vont débarquer et me trouver sale, en sueur, rouge, humiliée.
J’ai fini par arriver à enclencher les 3 gonds, j’ai récupéré la poignée (nouvel aller-retour au cellier) et je l’ai revissée.
Ma mère n’a pas eu de problème.
En rentrant le soir, quand il a vu les portes, l’Homme a commencé par rire, puis, il a vu mon regard et il a tout démonté et tout rangé sans râler.