Humeur, humour ... parfois noir.
Le lieu : la salle de repas, l'heure : 13 h 00, les personnages : Didier et Claude, le thème : l'eau potable commence à manquer sur terre, la spectatrice : moi.
Les deux collègues s'étonnent qu'avec toute cette pluie qui tombe, on puisse manquer d'eau, Je tend l'oreille, une discussion digne des "Brèves de comptoir" s'annonce et, avec ma méchanceté habituelle, je n'ai pas l'intention d'en louper un mot.
J'ouvre donc le feu avec un "il parait que les nappes phréatiques sont trop basses, une sécheresse est déjà annoncée pour cet été".
"-Ce n'est pas que les nappes phréatiques ne se remplissent pas, c'est que l'eau s'en écoule.
- Il suffirait de retenir l'eau de pluie dans des citernes sinon tout se barre à la mer.
- Oui mais l'eau de pluie n'est pas potable, elle est chargée de pollution, il faudrait que les maisons soient équipées pour la traiter.
- d'ailleurs, dans les pays du Maghreb, ils ont tous une citerne sur le toit, comme ça ils ont de la pression, mais l'eau est toujours chaude parcequ'elle est en plein soleil tout le temps.
- Les cultures, ce n'est pas un problème, il faudrait que chaque paysan ait un étang où il puiserait de quoi arroser ses champs.
- On deviendrait le pays des mille lacs."
Je sais, je sais, je ne suis pas charitable, trop cynique, j'aurai le prix citron si je continue. Mais enfin, quand je les entend, je chope le blues, je me dis qu'on a pas le cul sorti des ronces.
Le problème ne vient pas du fait que nous ne sommes pas informés, il vient du fait que nous ne comprenons rien à ce qu'on nous explique et ça, c'est catastrophique.
Il n'empêche, j'ai bien envie de leur demander comment on pourrait régler la guerre en Irak, le drame du Darfour, le chomage déprimant, l'inflation galopante... Ces problèmes, posés à des sociologues, des diplomates, des économistes, amènent des réponses inquiétantes, posés à Didier et Claude, ils amènent le sourire.