Humeur, humour ... parfois noir.
Premier épisode ici : CLIC
Au moment où j'atteignais la nourriture, j'ai entendu le claquement sec de la trappe derrière moi. J'ai paniqué, j'étais piégée, coincée, à la mercie des
humains et de leurs sales manigances, de leurs ruses et de leur cruauté.
Je me jetais contre le grillage, oubliant toute faim, je voulais fuir, je ne raisonnais plus, j'étais terrorisée.
Evidemment, je ne suis pas parvenue à sortir. Les humains ont posé une boite devant le piège, ils ont ôté la trappe mais je n'étais pas décidée à leur faciliter la tâche, je ne voulais pas entrer
dans cette boite et être emportée.
Ils m'ont poussée à l'aide de planches, réduisant l'espace qui me séparait de la boite, j'étais folle de terreur, tentais désespérément de fuir, balançais des coups de pattes, toutes griffes
dehors, dans le grillage et crachais dans l'espoir de leur faire peur.
L'espace se réduisait, j'avais beau me tasser sur moi-même, finalement, il m'a bien fallu entrer dans cette maudite boite en plastique. Une fois à l'intérieur, je me suis résignée, je savais
qu'il était inutile d'essayer encore, j'ai commencé à attendre que l'occasion de m'enfuir se présente.
Les humains ont placé la boite dans laquelle je me trouvais auprès d'autres boites qui contenaient certains de mes amis piégés avant moi. Nous avons été emmenés en voiture, puis la voiture s'est
arrêtée et toutes les boites contenant mes amis ont été emmenées, je suis restée seule dans le véhicule.
Au deuxième arrêt, ma boite a aussi été sortie de la voiture, on m'a trimballée un peu, puis la boite à été ouverte dans une cage. Décidément, je commençais à penser que je n'en sortirai plus,
que j'étais dorénavant condamnée à vivre prisonnière.
Pendant 1 jour et 2 nuits, on m'a laissée en cage, dans une pièce fermée, j'avais beau pleurer et appeler mes amis, j'étais toute seule, j'avais peur. Chaque fois que les humains approchaient de
la grille, je crachais, je tapais les barreaux, je tentais de les impressionner, je craignais le pire quand ils mettaient leurs mains dans la cage, même s'ils ne le faisaient apparemment que pour
me nourrir ou nettoyer.
Le deuxième jour, on m'a contrainte à nouveau à entrer dans la boite en plastique, je n'ai même pas essayé d'y échapper, cette petite boite sombre me semblait finalement moins angoissante que la
grande cage. On m'a encore trimballée, emmenée dans un endroit porteur d'odeurs d'animaux et, inexplicablement, je me suis endormie. Quand je me suis réveillée, j'étais dans la boite en
plastique, j'avais une oreille qui me démangeait et mon ventre avait dégonflé mais il me faisait mal. On m'a à nouveau trimballée puis remise dans la cage. Je n'avais pas vraiment la force de
lutter, alors je pleurais et j'appelais ma colonie perdue, j'aurais eu tant besoin de sentir la présence rassurante des miens. Les humains venaient me voir, ils parlaient doucement,
gentiment, mais je ne les supportais pas, j'étais prisonnière par leur faute, et j'avais peur sans arrêt. Je ne comprenais pas ce qu'ils voulaient de moi.
Pendant une éternité, ils m'ont laissée dans la cage, dans la pièce fermée. Je sentais la présence d'autres chats inconnus au-delà de la porte mais, comble de cruauté, on m'empêchait de les
rencontrer alors que je me sentais si désespérément seule.
Les jours succédaient aux nuits, je rêvais que je m'enfuyais, j'essayais de me souvenir de mes amis, de ma famille. Je dormais dans le bac de litière parce que l'odeur me rassurait. Cette
solitude me broyait le coeur, j'appelais les miens mais alors, c'était les humains qui venaient et je me sentais encore plus mal parce que la trouille s'ajoutait au chagrin.
Un matin, alors que je n'espérais plus rien, l'humaine est venue, elle a ouvert la porte de la pièce, puis la porte de la cage et elle s'est écartée pour me laisser sortir. Je n'en croyais pas
mes yeux, je me demandais quel nouveau mauvais tour cachait cette libération tant attendue.
Prudemment, j'ai avancé, m'attendant à chaque seconde à voir débuter un nouveau cauchemar. Dès que je me suis
trouvée juste à l'entrée de la cage, j'ai regardé l'humaine, vérifié que je pouvais filer et... je me suis élancée sur ce sol étrange et doux où mes pattes n'accrochaient pas du tout. J'ai couru,
regardant fébrilement à droite et à gauche à la recherche d'une cachette que j'ai vite trouvée et dans laquelle je me suis faufilée.
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